La
vie ne serait-elle que le mirage de promesses oubliées,
de celles que l’on se fait enfant et que les années
passant, on oublie au gré de ses échecs et
réussites ? Avant d’être rattrapée
par le son d’une voix que l’on n’a jamais connue,
la sienne.
17
septembre – Chanter est la promesse de toute une vie.
Un serment obsessionnel. Fascinée par les sirènes
envoûtantes de ce rêve étrange, je pars
à sa conquête. Je m’enfuis, laisse derrière
moi une vie sans avenir. Le train m’emmène,
loin de l’enfer familial. Blottie dans un siège
impersonnel, je regarde passer les arbres en feuilles, la
courbe des collines, le dessin régulier des cultures,
le bleu immortel de la mer. Me laisse aller au bercement
régulier des roues sur la voie. Clac-clac. Clac-clac.
Le défilé monotone du paysage change de couleur,
ralentit, s’accélère. Clac-clac. Clac-clac.
Je frissonne. La locomotive se cabre, se précipite
dans un tunnel, ressort ébouriffée, crisse
contre le rail, penche à droite, à gauche,
repart en ligne droite. Sa vitesse découpe le panorama
en lignes multicolores. Je m’agrippe au soleil.

FEUILLETER
